Critique
ConnectWise : le secret d'une sauvegarde devient la clé de centaines de tenants Microsoft 365
- ConnectWise Cloud Backup est une application tierce que les prestataires informatiques (MSP) installent dans les Microsoft 365 de leurs clients pour sauvegarder boîtes mail, OneDrive, SharePoint et Teams. Pour ce faire, elle reçoit des permissions très larges et s'authentifie avec un secret applicatif, un mot de passe de machine, pas d'utilisateur. Ce secret a fuité. Avec lui, un attaquant demande à Microsoft Entra ID des jetons au nom de l'application, sans jamais avoir le mot de passe d'un seul employé, et hérite de tous les droits de la sauvegarde.
- lecture des boîtes mail, des fichiers OneDrive/SharePoint, des conversations Teams et de l'annuaire, sur tous les tenants où l'application est consentie. Dans au moins un tenant, l'attaquant a utilisé une seconde application ConnectWise (Teams) pour s'ajouter au rôle Global Administrator, puis a exécuté un script Python (
User-Agent Python-urllib/3.12) ajoutant de nouveaux client secrets à deux applications de confiance, dont un outil de sécurité et une application de gestion MSP. C'est une porte dérobée durable : révoquer le secret initial ne la ferme pas. - (1) auditer les journaux de connexion des principaux de service dans Entra ID (Monitoring → Sign-in logs → onglet *Service principal sign-ins*) en filtrant sur les sept Application ID listés, en ignorant l'onglet « User sign-ins » qui ne montre rien ; (2) rechercher toute attribution du rôle Global Administrator à ces applications et tout ajout de client secret/certificat sur des applications du tenant ; (3) révoquer les jetons et pas seulement désactiver l'application ; (4) tourner tous les secrets des applications auxquelles ces identités avaient accès ; (5) vérifier les règles de boîte mail et les délégations créées depuis le 14 octobre ; (6) côté MSP, cartographier quels clients avaient l'application consentie, ConnectWise ne peut pas le faire à leur place.
- le vecteur initial de compromission du secret n'est pas établi ; ConnectWise indique ne pas avoir constaté d'accès aux archives de sauvegarde, qui restent chiffrées et isolées ; le nombre total de tenants touchés au-delà des 173 observés par Huntress est inconnu ; aucune attribution d'acteur n'a été faite ; l'implication éventuelle d'une vulnérabilité produit est « à l'étude ».
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